En consultant le blog d’un camarade de l’ULB – l’université où j’ai fait mon ERASMUS au premier semestre – je suis tombé sur une info assez intéressante.
Antoinette Spaak, récemment élu députée libérale au parlement de la région de Bruxelles-Capitale, a introduit la séance inaugurale de la session en français. Jusqu’ici rien de choquant. Sauf qu’elle avait omis de faire son discours en néerlandais.
Simple erreur d’inattention, me direz-vous ? Cela aurait été possible si Antoinette Spaak n’était pas en même temps une figure importante du Front démocratique des francophones, une aile du Mouvement réformateur (l’équivalent de l’UMP chez nous) qui se bat pour le respect des droits des francophones en périphérie de Bruxelles notamment face à la majorité néerlandophone.
Si le combat reste louable et compréhensible, il demeure rempli de contradictions. En effet, les francophones de la circonscription BHV se plaignent d’être dominés et maltraités par les méchants flamands, ce qui émeut la classe politique francophone. Pour autant, ce sont ces mêmes francophones qui semble oublier que Bruxelles est une ville bilingue – même si cela ne saute pas forcément aux yeux, je dois l’avouer – et qu’il existe une minorité néerlandophone qui ne demande qu’à exister et surtout à être respectée.
L’oubli volontaire d’Antoinette Spaak – qui au passage et pour votre culture générale est la fille de Paul-Henri Spaak premier ministre au lendemain de la seconde guerre mondiale et un des Pères fondateurs de l’Europe – me fait en tout cas penser à la réaction d’Antoine, mon ancien colocataire à propos de la Belgique et des Flamands. S’il exprimait à l’envie sa fierté d’être Belge, il ne gênait pas en revanche pour dire tout le bien qu’il pensait du néerlandais me rétorquant qu’il n’avait pas envie d’apprendre une langue qu’on lui a obligé à apprendre et qui lui donne envie de vomir (langage châtié au passage)
C’est en tout cas, tout le paradoxe des Belges francophones car si ces derniers sont les premiers à défendre la Belgique telle qu’elle existe aujourd’hui, ils sont en revanche peu nombreux à vouloir l’exprimer concrètement et à donner des gages à leurs compatriotes néerlandophones. Résultat des courses, l’incompréhension s’installe et fait le jeu des partis nationalistes flamands. Dès lors, on pointe souvent du doigt les néerlandophones et le fait qu’ils sont arrogants et condescendants envers les francophones, ce qui est sans doute vrai. Mais parfois, on oublie que certains francophones sont loin d’être des anges et que leur attitude peut tout aussi blesser que celle reprochée aux néerlandophones.
C’est un paradoxe que j’ai voulu souligner tant que je constate que fierté Belge ne va pas toujours de pair avec sentiment national du côté des francophones.
Cela fait bientôt dix jours que j’ai débuté mon stage et je dois vous dire que je suis comme un poisson dans l’eau. Tout simplement content de travailler au sain du groupe PSE.



Retour sur le blog d’expatrié après une interruption pour cause de recherche de stage (mais aussi de mise à jour de mon blog politique). A ce propos, la situation s’est débloquée et je vous avoue que je suis quelque peu soulagé.
Ainsi, le Parti socialiste francophone qui semblait bien parti pour rester à la tête de la Wallonie et de la Communauté française demain soir, risque de payer assez cher sa position dominante en raison de divers affaires qui ont émaillé la législature et bien écorné son image. La liste serait trop longue à énumérer mais au hasard je vous cite, les multiples notes de frais de Jean Claude Van Cauwenberghe, ancien bourgmestre (l’équivalent du maire chez nous) socialiste de Charleroi et ministre président de la région wallonne, au voyage d’études de parlementaires régionaux wallons en Californie qui se transforme en voyage tout court (et ce, au frais du contribuable) sans oublier un certain Didier Donfut, contraint à la démission pour gros cumul des mandats et des salaires. Bien évidemment, les autres formations francophones (notamment le Mouvement réformateur, l’équivalent de l’UMP chez nous et grand rival du PS) en profitent pour s’offusquer mais elles sont loin d’être vierges de tout soupçon.
Côté néerlandophone, on ne parle plus d’élections régionales mais tout simplement d’élections flamandes, ce qui en agace plus d’un dans le sud du pays. Et si on s’attend à un maintien des positions nationalistes (voire à une progression), la préoccupation du moment fut une fois encore BHV. Comprenez, la circonscription électorale bilingue Bruxelles-Hal-Vilvorde, dont certains responsables politiques néerlandophones voudraient voir disparaître. Dès lors, on profite des élections pour revendiquer la scission jusqu’à priver les électeurs de scrutin tout court en prenant un décret interdisant le collage sur les panneaux électoraux des affiches des partis francophones, histoire de rappeler qu’on est en Flandre et qu’en Flandre on ne reconnait que le néerlandais ! Résultat des courses, bisbilles entre flamands et francophones de la périphérie bruxelloise qui ont finalement obtenu gain de cause au tribunal de première instance de Bruxelles (section néerlandophone)
Ce dimanche a lieu le second test match opposant le Standard de Liège au RSC Anderlecht dans le cadre de la Jupiler League, le championnat de foot belge, un championnat à suspens puisqu’à l’issue des trente-quatre journées prévues dans le calendrier, les deux équipes sont à égalité (74 points chacun). Le règlement de l’UBF (l’Union belge de football) ne prévoyant pas de système de différence de but pour départager les deux équipes, Bruxellois et Liégeois s’affrontent donc dans une sorte de finale.