Et si le plat pays ne se résumait qu’à une question de gros sous ? C’est en effet la question que je me pose depuis un certain temps quand je vois comment fonctionne la Belgique.

Petite explication pour mes compatriotes français (en espérant que je ne fasse pas trop d’erreurs dans mes explications) : la Belgique est, pour rappel, un Etat fédéral comprenant trois régions (Wallonie, Bruxelles-Capitale, Flandre) et trois communautés (Française, flamande et germanophone). Comme dans tout système fédéral – mais cela est aussi pour tout Etat unitaire décentralisé, comme par exemple la France – il existe des mécanismes de transfert financiers entre les différentes entités fédérés, généralement des régions les plus riches ou plus pauvres. Autrement dit, la Flandre, prospère et riche économiquement voit une partie de recettes directement reversées à la Wallonie, région sinistrée.
Ce système fait partie d’un vaste ensemble plus connu sous le nom de solidarité et il n’en demeure pas moins que cette politique est essentielle car étant la raison d’être de la Belgique fédérale. C’est ce système que tente de remettre en cause la classe politique belge néerlandophone aujourd’hui, du moins de le vider de toute sa substance. Ainsi, Yves Leterme, lors des élections législatives de juin 2007, avait axé sa campagne sur un accroissement de l’autonomie de la Flandre notamment en terme de politiques sociales et d’emploi, ce qui lui a permis au passage de conclure une alliance avec la NV-A le parti indépendantiste de Bart Wawer. Cette même NV-A qui a récemment lancé une campagne publicitaire en Belgique francophone sur le thème : “Plus d’autonomie, moins de solidarité ?” Tout un programme !
Dès lors, le discours autonomiste, voire indépendantiste trouve tout son poids en Flandre car avant tout basé sur des arguments sonnants et trébuchants. En clair, on dit aux néerlandophones : “on a marre de payer pour les Wallons, donc on serait bien mieux seuls !” Du coup, du côté de la classe politique belge francophone, on agite volontiers la menace de la scission afin de sauver le système de solidarité et des transferts entre Flandre et Wallonie.

Aussi, la crise identitaire belge ne se résumerait-elle pas à une simple question de pognon ? Difficile à dire mais comme dirait l’autre, le diable se cache dans les détails, et il me paraît évident que les questions financières se cachent derrière le discours indépendantiste de certains en Flandre mais rattachiste en Wallonie. Car qu’on le veuille ou non, l’argent reste le nerf de la guerre en ces temps modernes et surtout en politique, quitte à se retrouver dans des situations quelques peu cocasses, voire absurdes : ainsi, si les parlementaires du CD&V (chrétiens-démocrates) et de l’Open-Vld (libéraux) ont approuvé le plan de relance proposé par le gouvernement fédéral d’Herman Van Rompuy, ce sont les mêmes qui le rejettent pour autant au sein du parlement régional flamand.
Pognon, quand tu nous tiens !
3 réponses jusqu'à présent ↓
Daive // mars 1, 2009 à 5:11 |
absolument d’accord ! mais le président de la N-VA c’est BART DE WEVER lol !
Anas Saïdi // mars 26, 2009 à 10:01 |
Analyse très pertinente! On utilise beaucoup les problèmes communautaires comme surface visible, chaque décision de l’un étant perçu comme une attaque pour l’autre. Mais au fond, les problèmes sont parfois ailleurs… Et en effet, ce n’est souvent qu’une histoire d’argent….
j’ai envoyer un mail sur votre profil Facebook pour savoir si vous étiez disponible pour répondre à quelques questions à propos du journalisme citoyen, notamment par rapport aux problèmes communautaires et la différence avec les médias traditionnels.
j’ai interrogé David Charlier, qui m’a conseillé de m’adresser à vous également.
Vous pouvez me répondre par mail, sur Facebook ou par téléphone.
Cordialement,
Anas Saïdi
étudiant à l’ULB en information et communication
tel: 0474/40.30.45
Oli // avril 7, 2009 à 7:36 |
Il y a quelques temps, sur France inter, Elie BARNAVI, ancien ambassadeur d’Israël déclarait a propos de la Belgique, “Lorsque l’on en est à parler d’agent dans un couple qui se dispute, c’est que la fin est proche.”
En effet, nous en somme là. Le couple Belge fait non seulement chambre à part (mais cela dure depuis près de 180 ans!), mais la maison dans laquelle il vit à été scindée en deux appartements distincts. Seule restent l’une ou l’autre pièces technique communes (la buanderie, un débarras, les caves… ).
En fait flamands et Wallons sont déjà domiciliés à deux adresses différentes.
Reste l’argent, le prix de la maison Belgique. Les deux parties ne s’accordent pas sur la valeur du bien ni sur la répartition du produit de la vente.
Lorsqu’elles seront d’accord, alors le divorce pourra être prononcé.