Ce dimanche a lieu le second test match opposant le Standard de Liège au RSC Anderlecht dans le cadre de la Jupiler League, le championnat de foot belge, un championnat à suspens puisqu’à l’issue des trente-quatre journées prévues dans le calendrier, les deux équipes sont à égalité (74 points chacun). Le règlement de l’UBF (l’Union belge de football) ne prévoyant pas de système de différence de but pour départager les deux équipes, Bruxellois et Liégeois s’affrontent donc dans une sorte de finale.
Cette confrontation ultime est largement suivie par les Belges comme toute la saison du championnat d’ailleurs. Ainsi, les supporters de Mouscron (une ville située dans le Hainaut, à la frontière avec la France) ont retenu leur souffle, le club étant menacé durant longtemps de relégation pour cause de soucis financiers. Pour ainsi dire, le football fait partie des mœurs et il n’est pas rare que les politiques s’invitent dans les émissions sportives pour exprimer leur passion du ballon rond. Ainsi, en décembre dernier, j’ai pu voir l’ancien Premier ministre Yves Leterme être l’invité de Studio 1, l’équivalent de Téléfoot, une des rares émissions qui soit diffusée aussi bien sur une chaîne francophone (la RTBF) que néerlandophone (la VRT)
Cette passion pour le championnat contraste assez fortement avec les performances de l’équipe nationale belge dans les compétitions sportives car si le championnat belge suscite un vif intérêt, on ne peut pas dire pour autant des Diables rouges qui ne font plus tellement peur. Depuis quelques années, la Belgique affiche des mauvais résultats sur le plan footballistique à tel point que l’actuel entraîneur René Vandereycken a été remercié – pour mauvais résultats dans la qualification à la Coupe du monde 2010 – pour être sans doute remplacé par le Néerlandais Dick Advocaat, l’objectif étant de sauver les meubles (c’est-à-dire, accéder aux barrages et encore !)
Depuis quelques années, les Diables rouges ne font plus rêver et on est très loin d’une époque où on voyait souvent le plat pays dans les compétitions officielles, la dernière étant la Coupe du monde 2002 en Corée et au Japon. A cette époque, l’équipe du sélectionneur Robert Waseige et de son capitaine Marc Wilmots avait réalisé un très bon parcours en atteignant les 1/8 de finale de la compétition pour ensuite se faire battre par le Brésil. Depuis cette date, c’est la disette et les amoureux du ballon rond attendent désespérément de voir leur équipe au plus haut niveau.

Toutefois, si les Diables ne font plus rêver, c’est aussi à mettre en lien avec la situation politique actuelle du pays. En effet, on pourrait dire ceci : « dis moi quel pays tu es et quelle société tu as, je te dirais quelle équipe de football tu as ». Le football est un reflet de notre société et cela est d’autant plus vrai pour une équipe nationale telle qu’elle soit. Ainsi, une équipe forte, cela renvoie une image positive du pays qui rejaillit sur la société qui est fière de son équipe et donc de son pays. La crise identitaire et politique belge actuelles a son impact sur une équipe belge en manque de leader et surtout d’exemple même si cela est moins spectaculaire. Pour un Diable rouge, porter le maillot tricolore n’a plus réellement de signification, ce qui amène à un manque d’ambition.
Dès lors, les Belges ont du mal à se reconnaître dans une équipe qui elle-même doute et qui peine à faire naître un ressenti national. Pour autant, le football est le sport par excellence où se crée une communion nationale, une communion dont auraient bien besoin les Belges.
Edit (25 mai à 02h15)
Pour la petite histoire, c’est finalement le Standard de Liège qui est sacré champion de Belgique pour la seconde année consécutive, en battant Anderlecht 1 but à 0 à domicile.
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