Retour sur le blog d’expatrié après une interruption pour cause de recherche de stage (mais aussi de mise à jour de mon blog politique). A ce propos, la situation s’est débloquée et je vous avoue que je suis quelque peu soulagé.
Si en Belgique – comme dans vingt-six autres Etats de l’UE – les citoyens sont appelés aux urnes pour élire leurs députés européens, on se déplacera également ce dimanche pour les régionales, scrutin éminemment important et bien plus passionnant pour les Belges que les Européennes, ce qui n’est – malheureusement – pas étonnant en soi.
Il faut dire que les élections régionales ont un impact majeur sur la vie quotidienne des Belges. En effet, suite à la fédéralisation du royaume effective en 1993, les régions et communautés linguistiques ont bénéficié de transferts de compétences accrus réduisant l’Etat fédéral aux pures fonctions régaliennes. Ainsi, les régions flamande, wallonne et de Bruxelles-Capitale ont en charge certains aspects de l’économie, de l’emploi, de l’agriculture sans oublier le logement tandis que les communautés flamande, française (comprenez, francophone) et germanophone gèrent des domaines principalement culturels comme l’éducation ou bien encore la jeunesse et sport.
Dès lors, les régionales marquent un moment important puisqu’elles permettent de prendre le pouls politique de la Belgique et de mesurer le rapport de forces entre la Wallonie et la Flandre avec Bruxelles au centre de toutes les convoitises. Qui plus est, il me semble que les députés régionaux ont un poids équivalent sinon supérieur aux députés fédéraux pour la simple et bonne raison que les premiers ont directement en charge des sujets qui touchent de près les citoyens comme l’enseignement par exemple. Ce qui explique sans doute que le Belge n’aime pas trop les scandales et arrangements entre amis de tous genres.
Ainsi, le Parti socialiste francophone qui semblait bien parti pour rester à la tête de la Wallonie et de la Communauté française demain soir, risque de payer assez cher sa position dominante en raison de divers affaires qui ont émaillé la législature et bien écorné son image. La liste serait trop longue à énumérer mais au hasard je vous cite, les multiples notes de frais de Jean Claude Van Cauwenberghe, ancien bourgmestre (l’équivalent du maire chez nous) socialiste de Charleroi et ministre président de la région wallonne, au voyage d’études de parlementaires régionaux wallons en Californie qui se transforme en voyage tout court (et ce, au frais du contribuable) sans oublier un certain Didier Donfut, contraint à la démission pour gros cumul des mandats et des salaires. Bien évidemment, les autres formations francophones (notamment le Mouvement réformateur, l’équivalent de l’UMP chez nous et grand rival du PS) en profitent pour s’offusquer mais elles sont loin d’être vierges de tout soupçon.
Côté néerlandophone, on ne parle plus d’élections régionales mais tout simplement d’élections flamandes, ce qui en agace plus d’un dans le sud du pays. Et si on s’attend à un maintien des positions nationalistes (voire à une progression), la préoccupation du moment fut une fois encore BHV. Comprenez, la circonscription électorale bilingue Bruxelles-Hal-Vilvorde, dont certains responsables politiques néerlandophones voudraient voir disparaître. Dès lors, on profite des élections pour revendiquer la scission jusqu’à priver les électeurs de scrutin tout court en prenant un décret interdisant le collage sur les panneaux électoraux des affiches des partis francophones, histoire de rappeler qu’on est en Flandre et qu’en Flandre on ne reconnait que le néerlandais ! Résultat des courses, bisbilles entre flamands et francophones de la périphérie bruxelloise qui ont finalement obtenu gain de cause au tribunal de première instance de Bruxelles (section néerlandophone)
Aussi, si on parle d’élections régionales, la Belgique n’est jamais loin surtout lorsqu’on évoque les rapports entre Flamands et Wallons. Chacun des deux camps tente de maintenir ses positions face à « l’adversaire » – je reprends l’expression d’une candidate cdH (l’équivalent du centre en France) à propos de la proposition du CD&V, les centristes néerlandophones) visant à régionaliser les allocations familiales, cette expression n’ayant personnellement choqué ! – dans un scrutin à hauts risques pour l’avenir du plat pays.
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