Moules, frites et choux de Bruxelles – mosselen, frietjes en Brusselse sprultjes

Le paradoxe des francophones

juin 24, 2009 · 2 commentaires

En consultant le blog d’un camarade de l’ULB – l’université où j’ai fait mon ERASMUS au premier semestre – je suis tombé sur une info assez intéressante.

angleAntoinette Spaak, récemment élu députée libérale au parlement de la région de Bruxelles-Capitale, a introduit la séance inaugurale de la session en français. Jusqu’ici rien de choquant. Sauf qu’elle avait omis de faire son discours en néerlandais.

Simple erreur d’inattention, me direz-vous ? Cela aurait été possible si Antoinette Spaak n’était pas en même temps une figure importante du Front démocratique des francophones, une aile du Mouvement réformateur (l’équivalent de l’UMP chez nous) qui se bat pour le respect des droits des francophones en périphérie de Bruxelles notamment face à la majorité néerlandophone.

Si le combat reste louable et compréhensible, il demeure rempli de contradictions. En effet, les francophones de la circonscription BHV se plaignent d’être dominés et maltraités par les méchants flamands, ce qui émeut la classe politique francophone. Pour autant, ce sont ces mêmes francophones qui semble oublier que Bruxelles est une ville bilingue – même si cela ne saute pas forcément aux yeux, je dois l’avouer – et qu’il existe une minorité néerlandophone qui ne demande qu’à exister et surtout à être respectée.

L’oubli volontaire d’Antoinette Spaak – qui au passage et pour votre culture générale est la fille de Paul-Henri Spaak premier ministre au lendemain de la seconde guerre mondiale et un des Pères fondateurs de l’Europe – me fait en tout cas penser à la réaction d’Antoine, mon ancien colocataire à propos de la Belgique et des Flamands. S’il exprimait à l’envie sa fierté d’être Belge, il ne gênait pas en revanche pour dire tout le bien qu’il pensait du néerlandais me rétorquant qu’il n’avait pas envie d’apprendre une langue qu’on lui a obligé à apprendre et qui lui donne envie de vomir (langage châtié au passage)

C’est en tout cas, tout le paradoxe des Belges francophones car si ces derniers sont les premiers à défendre la Belgique telle qu’elle existe aujourd’hui, ils sont en revanche peu nombreux à vouloir l’exprimer concrètement et à donner des gages à leurs compatriotes néerlandophones. Résultat des courses, l’incompréhension s’installe et fait le jeu des partis nationalistes flamands. Dès lors, on pointe souvent du doigt les néerlandophones et le fait qu’ils sont arrogants et condescendants envers les francophones, ce qui est sans doute vrai. Mais parfois, on oublie que certains francophones sont loin d’être des anges et que leur attitude peut tout aussi blesser que celle reprochée aux néerlandophones.

C’est un paradoxe que j’ai voulu souligner tant que je constate que fierté Belge ne va pas toujours de pair avec sentiment national du côté des francophones.

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2 réponses jusqu'à présent ↓

  • bxl // juin 24, 2009 à 5:52 | Répondre

    Vrai et faux à la fois …

    Il y a 30 ans, l’avis de votre ami aurait été l’avis de la majorité dans un contexte bien différent …

    Aujourd’hui, les écoles néerlandophones bruxelloises et de la périphérie sont remplies de francophones qui croisent les doigts pour y obtenir une place, les listes d’attente dans les écoles d’immersion (avec une partie de l’enseignement en néerlandais) de la communauté française sont encore plus longues.
    Il y a un réel engouement pour l’apprentissage du néerlandais et la plupart des non bilingues regrettent de ne pas l’être plus … ou essayent d’améliorer leurs connaissances.

  • Monsieur M // juillet 12, 2009 à 1:00 | Répondre

    Le FDF, une sorte de mal necessaire en Belgique qui dit tout ce certains pensent tout bas.

    Maintenant, la manière n’est presque jamais la meilleure. C’est a la limite de répondre a la provocation par la provocation.

    J’ai habité jusqu’il y’a un an a Linkebeek (que tu as du découvrir avec ses fameuses facilités…) et le FDF est malheureusement le seul a s’interesser aux francophones qui vivent en Flandre.

    Depuis que j’ai vécu un an a Gent avec 4 anversois unillingues mais ouvert d’esprit, le sourire qui se lit sur un neerlandophone quand tu t’adresses a lui dans sa langue depasse de loin les resultats de ces combats lingustiques inutiles et has been.

    Les extrémistes devraient être mis en cage et les flamands ouverts d’esprit devraient être encouragés !

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