Mon année d’ouverture se termine bientôt dans le pays de Magritte et de Spirou. Bon, il me reste encore des choses à faire et à voir notamment une seconde visite de Liège, une visite de la mer du Nord et encore quelques musées – dont celui consacré à Magritte – sans oublier l’Atomium. De plus, j’aimerais bien aller visiter le musée de la Bande dessinée : hé oui, aller en Belgique sans aller visiter le musée de la BD du pays qui en est l’origine, c’est comme finalement ne pas visiter la Tour Eiffel quand vous venez en France ! Mais bon ! Cela dépendra du temps qu’il me restera de libre mais !

L'Iris, symbole de la région de Bruxelles-Capitale
Toujours est-il que Bruxelles reste une capitale bien différente de Paris à tous les niveaux : architectural, spatial, environnemental… une jolie ville à taille humaine certes, mais qui me laisse bien souvent sur ma faim !
Pour s’en convaincre, il suffit de se promener dans la capitale belge et voir un certain nombre de disparités entre l’hyper-centre très touristique et chaleureux, assez agréable et certains quartiers défavorisés, laissés un peu à l’abandon surtout niveau propreté. Car y’a pas à dire : les rues bruxelloises sont sales – à certains endroits – et cela est un comble pour une capitale qui se veut celle de l’Union européenne et donc une vocation internationale, voire mondiale. Pour s’en convaincre, il suffit de se promener hors du quartier européen : dynamique, sympa, propre… idem pour le centre historique – le polygone – très mignon, très carte postale à l’architecture très ancienne, ce qui contraste assez avec le style haussmannien de Paris. Mais, faites un tour dans la commune d’Etterbeek, là où j’ai vécu durant huit mois, vous serez vite déçu ! Sans compter les multiples détritus et autres saletés qui jonchent le sol ! Rien à voir avec Anvers, vraiment rien à voir !
Bruxelles a-t-elle les moyens de ses ambitions ? On peut parfois en douter quand on voit l’état de la ville. Certes, c’est une ville à taille humaine d’un million d’habitants mais qui se trouve séparée de sa périphérie proche sous contrôle de la Flandre. Qui plus est, elle est quelque peu « victime » de l’enchevêtrement des compétences car sous l’autorité à la fois de l’Etat fédéral, des communautés flamande et française ainsi que d’une région spécialement créée à son attention en 1989, afin de clamer les tensions entre francophones et néerlandophones. Car la capitale belge est un peu l’enfant d’un couple qui se déchire, victime collatérale de ses disputes, ce qui est quelque peu dommage dans la mesure où francophones et néerlandophones auraient tout intérêt à renforcer le statut international de Bruxelles. Au lieu de cela, on préfère s’affronter les uns souhaitant la rapprocher de la Wallonie et les seconds rappelant les origines flamandes de la cité.
Et cela se voit dans la gestion même de Bruxelles où certains francophones dénoncent la surreprésentation des néerlandophones, très nettement minoritaires[1]. D’ailleurs, un responsable politique, membre du Front démocratique des francophones avait mis le feu aux poudres en suggérant qu’il n’y ait, à l’avenir, qu’un seul ministre néerlandophone au sein du gouvernement régional alors qu’actuellement, c’est la parité néerlandophone – francophone qui est respectée. Ce qui a du faire plaisir aux nationalistes flamands qui considérant Bruxelles comme faisant partie de la Flandre, souhaiterait reflamandiser la capitale, afin de bien signifier ce fait !
Bruxelles n’est pas une capitale comme une autre : capitale de la Belgique, elle est également celle de la région flamande mais aussi de l’Union. Dès lors, elle devrait être au même standing que des villes comme Paris, Londres ou Madrid, voire plus ! Mais rien de tel : la ville manque d’ambitions et fait souvent figure de parent pauvre même si des projets sont à l’ordre du jour comme celui de redynamiser le quartier Léopold (là où se trouve le Parlement européen ainsi que la Commission). Toutefois, à l’instar du Grand Paris, la capitale belge aura sans doute besoin de se doter d’un grand projet d’aménagement du territoire, ce qui suppose au passage qu’une solution soit trouvée concernant les tensions actuelles dans la périphérie de Bruxelles qui se situe en Flandre ! Ce qui n’est pas gagné d’avance !
[1] Bruxelles est officiellement bilingue mais composée à 85 – 90% de francophones contre seulement 10 – 15% de néerlandophones. Afin de leur assurer une certaine visibilité, ces derniers sont surreprésentés au parlement régional bruxellois. Sur 89 sièges, 17 leur sont réservés, constituant ainsi un collège électoral autonome. Dès lors, lorsqu’un décret doit être adopté, il faut à la fois trouver une majorité au sein du collège francophone mais aussi néerlandophone !
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