Vendredi soir dans le train qui me ramène de Bruxelles à Geel (une ville située à 40 km à l’Est d’Anvers, et là où je suis pour encore quelques jours), j’ai fait une rencontre imprévue et sympathique.
J’ai discuté avec une francophone, une Wallonne plus exactement, vivant à Anvers et parfaite bilingue. Cela m’avait d’ailleurs mis la puce à l’oreille lorsqu’elle a sorti des jurons dans la langue de Molière après s’être énervée contre la contrôleuse dans la langue de Vondel. Elle m’expliquera par la suite que cette dernière s’était montrée particulièrement désagréable avec elle.
Habitant en Flandre et travaillant à Bruxelles, nous avons parlé de son pays et de l’image que je m’en faisais en tant que Français. Elle m’a décrit la Belgique avec pas mal d’autodérision et de sens de l’humour, bien loin de l’image négative ou bien souvent pessimiste que j’avais l’habitude d’avoir. A ce propos, j’ai été étonné qu’elle critique ses compatriotes francophones lorsque je soulignais le fait – et en évoquant mes ex-collocataires – que les Wallons et les Bruxellois soient vicéralement attachés à la Belgique tout en faisant pas l’effort d’apprendre le néerlandais, ce qu’elle ne comprenait pas d’ailleurs.
Car bien que Wallonne et le revendiquant volontiers, elle m’expliquait qu’on ne donnait pas envie aux francophones d’apprendre le néerlandais surtout si c’est pour faire comprendre aux jeunes écoliers qu’il faut apprendre cette langue uniquement par nécessité et pour trouver un emploi. Vu dans cet angle, ce n’est pas très “sexy” ! En revanche, si l’enseignement se faisait de manière ludique, qu’il y avait des échanges et des rencontres entre Flamands et Wallons, l’apprentissage du néerlandais serait moins vu comme une corvée pour de nombreux francophones. En ce qui la concerne, elle a appris le néerlandais sur le tas lors de ses vacances d’été en travaillant sur la Côte (la Mer du Nord) dans un restaurant : le nom des menus, les discussions avec les touristes et les passants… tout cela l’a apparrement bien aidé !
Elle m’a également dit qu’elle ne trouvait pas normal que ses compatriotes francophones ne fassent pas l’effort de s’exprimer en néerlandais en Flandre, et tout particulièrement ceux qui y vivent, évoquant ainsi l’épineux problème de BHV et de ses communes à facilités. Lorsqu’un Flamand s’adresse à un francophone, c’est automatiquement en français et non l’inverse m’a-t-elle expliqué, ce qui peut, à mon sens, en agacer plus d’un dans la partie nord de la Belgique. En revanche, les Francophones ne semblent pas choqués, ce qu’elle déplorait implicitement
Cette rencontre imprévue, dans le train du retour, fut en tout cas pleine de renseignements et le témoignage de cette trentaine contraste assez bien avec l’idée que les francophones ont des néerlandophones dans leur pays, un pays qu’ils aiment mais “sans les Flamands” me disait non sans ironie la jeune dame. Un témoignage d’autant plus intéressant qu’elle n’a pas hésité, bien que Wallonne, à égratigner de temps en temps ses compatriotes francophones, me faisant ainsi comprendre qu’eux-aussi avaient une part de responsabilité. Chose que je ne trouvais absolument pas chez les francophones que j’ai rencontré durant mon année d’ouverture en Belgique, exception faite de David.
En effet, tous m’exprimaient leur fierté d’être Belge et leur envie de le rester, ce qui ne les empêchaient pas de ne pas apprendre le néerlandais, dont beaucoup d’entre eux considèrent encore la faible utilité. Aussi, je ne peux qu’être surpris en tant que Français (pour encore un temps expatrié) de voir qu’il existe des gens qui pensent différemment côté wallon et qui n’hésitent pas à s’installer de côté flamand, sans qu’ils rencontrent le moindre problème apparrement. Et cette trentaine wallonne n’est pas la seule à vivre en “territoire anversois” puisqu’il existe une minorité francophone à Anvers !
Y’a pas à dire, la Belgique, c’est vraiment le pays du surréalisme !
2 réponses jusqu'à présent ↓
belgo3 // août 30, 2009 à 8:43 |
Parfait !
Un petit Belge // septembre 6, 2009 à 4:10 |
Et oui, notre beau pays est très complexe. Et ce que tu écris au sujet des francophones est tout à fait vrai.