Moules, frites et choux de Bruxelles – mosselen, frietjes en Brusselse sprultjes

Souvenir de la fête de l’Iris

août 7, 2009 · Laisser un commentaire

19357En attendant un prochain article consacré à Bruxelles et ses enjeux dans la Belgique actuelle, je vous mets en ligne quelques images que j’ai prises en mai dernier lors de la fête de l’Iris (Irisfeest en néerlandais) qui célèbre, chaque 9 mai, l’anniversaire de la création de la Région de Bruxelles-Capitale.

Je devais normalement consacrer un articler sur le vingtième anniversaire de la seule région (officiellement) bilingue (français – néerlandais) du plat pays, mais l’absence d’un PC et les problèmes personnels ont eu raison de moi.

Aussi, je profite de cet été et que j’ai un peu de temps libre pour vous faire partager ces photos !!!

Enjoy !

Gilles

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Maquette géante représentant la fusée prise par Tintin dans “Objectif Lune” et “On a marché sur la lune” sur la Grand’Place (Grokte Markt)

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Entrée du parlement de la région de Bruxelles-Capitale

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Hémicycle du parlement régional bruxellois

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Cour intérieure

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Méfiance mutuelle

août 2, 2009 · Laisser un commentaire

La vie politique suit son cours dans le plat pays bien que celle-ci (comme en France) soit au ralenti pour cause de trêve estivale. L’occasion de reprendre des forces pour l’ensemble des formations politiques belges, la suite des évènements s’annonçant d’ores et déjà chargée.

En effet, le gouvernement d’Hermann Van Rompuy est confronté à la question lancinante et épuise du déficit budgétaire qui n’en finit pas de plomber l’économie belge et pose clairement une menace sur les futures générations. Dès lors, il s’agit de trouver de l’argent frais afin de retrouver un équilibre que l’on espère, outre-Ardennes, voir à l’horizon 2015.

Seulement voilà : si les caisses de l’Etat sont – comme chez nous, en France – vides, il en est de même pour les entités fédérés, Wallonie et Bruxelles en tête, exception faite de la Flandre qui malgré la crise, semble mieux résister que les deux autres. Aussi, se retrouve-t-elle en situation de force, notamment en ce qui concerne les deux thèmes qui seront débattus au niveau fédéral, à savoir l’avenir de l’arrondissement bilingue BHV (Bruxelles – Halle – Vilvorde) et la énième réforme de l’Etat, deux sujet sur lesquels, francophones et néerlandophones ne cessent de s’opposer depuis un bon nombre d’années.

Caricature parue sur le site Internet de La Libre Belgique (quotidien francophone)

Caricature parue sur le site Internet de La Libre Belgique (quotidien francophone)

Dès lors, et pour être surs d’obtenir gain de cause, les partis néerlandophones veulent passer de la théorie à la pratique en appliquant la doctrine Maddens, du nom d’un professeur de sciences politiques à l’université de Leuven (Louvain). Le principe est simple : puisque l’Etat belge, la Wallonie et Bruxelles-Capitale ont besoin d’argent et que la Flandre est riche, celle-ci serait prête à en donner à la condition qu’une réforme de l’Etat soit engagée (et conforme à ses intérêts). En attendant, et pour forcer les francophones à revenir à la table des négociations, les Flamands coupent progressivement les vivres à l’Etat  belge.

Francophones et néerlandophones se méfient mutuellement dans la mesure où chacun pense plumer l’autre dans les négociations à venir. Ainsi, si on souhaite régler le statut de Bruxelles dans la sérénité et le dialogue, il n’en demeure pas moins que certaines déclarations et attitudes laissent à désirer dans les deux camps. Ainsi, citons Antoinette Spaak[1], députée bruxelloise et membre du Front démocratique des francophones (FDF, une composante du Mouvement réformateur, l’équivalent de l’UMP) qui lors de la session inaugurale du Parlement bruxellois en juin dernier a volontairement omis de faire son discours en néerlandais, une manière de montrer que la capitale belge est à 90% francophone, un point c’est tout ! Citons également, le parti indépendantiste N-VA (Nouvelle alliance flamande) qui, membre de la coalition régionale en Flandre, souhaite « reflamandiser » Bruxelles[2], chose à la fois farfelue mais surtout absurde quand on connaît le caractère européen et international de la ville.

La Belgique, en dépit de la crise et par la force des choses, a montré une fois de plus qu’elle pouvait exister en tant qu’Etat. Malgré tout, on sent bien que francophones et néerlandophones ne cessent de se méfier mutuellement et que chaque camp reste ambigu sur ses réelles intentions. Vive la méfiance mutuelle !!!

Caricature paru en octobre 2007 après les législatives du 10 juin), lors de l'ouverture de la coupe du monde rugby en pleines négociations communautaires. De gauche à droite, Yves Leterme (à l'époque ministre-président de la région flamande et futur premier ministre, Herman Van Rompuy (négociateur), Joelle Milquet (présidente du CdH) et Didier Reynders (président du MR)

Caricature paru en octobre 2007 après les législatives du 10 juin), lors de l'ouverture de la coupe du monde rugby en pleines négociations communautaires. De gauche à droite, Yves Leterme (à l'époque ministre-président de la région flamande et futur premier ministre, Herman Van Rompuy (négociateur), Joelle Milquet (présidente du CdH) et Didier Reynders (président du MR)

PS : je vous mets en lien un article paru dans le Monde écrit par Jean-Pierre Stroobants et qui résume assez bien la situation. Cliquez ici et bonne lecture !

PS 2 : retrouvez également cet article sur mon blog politique, Actupol


[1] Fille de Paul-Henri Spaak, premier ministre belge de mai 1938 à février 1939, en mars 1946 puis de 1947 à 1949

[2] C’est-à-dire, encourager les Flamands à s’installer à Bruxelles en leur donnant un maximum d’aide et d’avantages financiers.

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La Belgique, succursale (audiovisuelle) de la France ?

juillet 29, 2009 · Un commentaire

C’était au printemps dernier et ce fut la grande affaire dans le plat pays : Fortis – fleuron du secteur bancaire belge et à deux doigts de la faillite – est sauvée par le gouvernement fédéral de Van Rompuy pour être revendue au groupe français BNP Paribas, conformément au plan de sauvetage cocotté par le ministre des finances et vice-premier ministre Didier Reynders. Seulement, lors de l’assemblée générale de Gent (Gand) en mars dernier, les petits actionnaires, menés par Pierre Nothomb, ont poussé de la voix pour s’opposer à la vente de la banque belge au gérant français, préférant une solution 100% outre-Ardennes. Peine perdue, Fortis, l’un des symboles de la Belgique est sous contrôle de la BNP qui ne tarde pas à rebaptiser le nom de la banque en BNP Paribas Fortis.

Caricature du siège de Fortis (devenu BNP Paribas Fortis) paru sur le site Internet de La Libre Belgique

Caricature du siège de Fortis (devenu BNP Paribas Fortis) paru sur le site Internet de La Libre Belgique

Si je parle de cette histoire, c’est que celle-ci a fait du bruit durant un certain temps en Belgique, ce qui avait même causé la chute du gouvernement Leterme en décembre 2008. Elle souligne aussi toute l’influence de la France et finalement sa toute-présence dans le royaume d’Albert II.

Pour s’en convaincre, il suffit de voir la télévision belge : comme je l’avais précédemment noté dans un précédant article en début d’année, j’ai souvent l’impression d’être dans l’Hexagone, TF1 et France Télévisions étant largement diffusées en Belgique et surtout très regardées des autochtones, notamment francophones. Dès lors, je me suis dit qu’il y aurait quelque chose de spécifique sur les chaînes de la RTBF. Hé ben non puisque bon nombre de série, mais aussi de jeux télévisés (on se demande pourquoi d’ailleurs) français sont largement diffusées sur les chaînes francophones à tel point que pour mieux affronter la concurrence de TF1 et Cie, la RTBF diffuse à l’avance des émissions qui passeront ultérieurement dans l’Hexagone. C’est ainsi que mes ex-colocataires regardaient les épisodes de « Plus belle la vie » (quelle horreur, ceci dit en passant, RIRES) avec trois jours d’avance sur le public français. Ce que je ne comprenais pas, par contre, c’était de voir certains jeux télévisés hexagonaux diffusés sur les chaînes de la RTBF alors que ces mêmes jeux sont visibles sur les chaînes françaises diffusés dans le plat pays (Vous suivez jusqu’ici ? lol) Et comme si cela ne suffisait pas, les sites Internet de certains quotidiens et médias francophones – exemple, Le Soir et RTL-TVI – ont carrément une page spéciale dédiée à la France. Quant à la RTBF, j’ai été assez supris qu’elle ouvre son journal par l’accident de santé de Nicolas Sarkozy comme si la situation de ce dernier pouvait affecter le plat pays ! :D

Je reste assez frappé par l’attrait des francophones vers la France, non pas que cela ne me fait pas plaisir (bien au contraire !) mais que cela reste contradictoire et donne finalement des arguments à ceux qui revendiquent le rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à l’Hexagone en cas de scission du royaume de Belgique. En effet, ces derniers se disent : « puisqu’on consomme du français et qu’on connait bien ce qui se passe chez nos voisins, autant devenir Français ! »

C’est sans doute qu’il n’est pas évident pour un petit pays comme la Belgique de s’affirmer et de mettre en avant une identité surtout lorsqu’on est à la recherche de celle-ci surtout quand on a pour voisin un pays aussi grand et imposant (au sens propre et figuré) que le mien. De plus, il faut rappeler que les Belges ne sont pas connus pour faire dans le patriotisme démonstratif !

mpcPourtant, si les francophones connaissent bon nombre de nos émissions et de nos animateurs, ils restent en revanche peu concernés par les productions de leur propre pays qui sont pourtant très intéressantes et qui ne demandent qu’à être connues : c’est ainsi que j’ai découvert la série « Melting pot Café » entièrement tourné et réalisé par la RTBF mais également la série néerlandophone « Matrioshki, le trafic de la honte » (Matroesjka’s, pour le titre en néerlandais) qui a eu un grand succès pourtant. C’est sans doute une des conséquences de cette fameuse frontière linguistique puisque la plupart des productions flamandes ne passent pas celle-ci, les francophones préférant coproduire avec les chaînes françaises, c’est finalement moins chiant, moins cher et surtout plus rentable (retour sur investissement garanti !)

Bonus : puisque je vous parlais de la série Matrioshki, je vous en ligne le générique de celle-ci. Diffusée pour la première fois en 2005 sur la chaîne néerlandophone VTM, puis sur la francophone RTL-TVI, cette série raconte l’histoire de jeunes filles originaires d’Europe de l’Est qui, rêvant de gagner leur vie à l’Ouest, sont recrutés par des deux Belges pour – pensent-elle – danser dans une troupe. S’en suit alors une longue descente dans l’enfer de la prostitution et du travail forcé.

Cette série, très réaliste, fut réalisée par Marc Punt et Guy Goossens et diffusée dans 44 pays dont la France sur M6.

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Bouchon de Liège

juillet 23, 2009 · Laisser un commentaire

LiègeMardi, je me suis rendu en Wallonie et plus exactement à Liège (Luik, en néerlandais) à l’occasion de la fête nationale belge.

Autour d’un bon barbecue, j’ai notamment passé un bon moment en compagnie de David et de ses amis, étudiants comme lui en sciences politiques à l’ULB.

Dès mon arrivée dans le plat pays, j’ai toujours voulu me rendre à Liège, ville réputée pour être la plus francophile des villes belges. En effet, près de 7000 Français vivent dans la capitale officieuse de la région wallonne et les liens avec la France restent forts. Ainsi, il existe un consulat de la République et chaque 14 juillet, Liégeois et Français de Liège fêtent l’amitié franco-belge et célèbrent la révolution française mais aussi liégeoise.

Car on le sait moins – et c’est que m’a expliqué David – Liège a également eu sa révolution qui a eu en même temps que la révolution française en 1789. C’est pour cette raison que le 14 juillet – qui est un jour ouvrable en Belgique – est particulièrement fêté là-bas mais non pour les raisons invoquées par les rattachistes (des wallons qui militent pour un rattachement de la partie francophone de la Belgique à la France, NDA), à savoir la révolution française. A ce propos, je suis passé non loin d’un stand tenu par Bplus, une association pro-belge qui distribuaient des drapeaux noir, or et sang pour célébrer le 21 juillet, qui marque la prestation de serment du premier roi des Belges, Léopold I°, en 1831.

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Quatrième ville du royaume de Belgique en terme de population (environ 190 000 habitants), Liège est une ville bâtie sur une vallée et autour de la Meuse. Dès lors, cela casse une fois de plus, le mythe du plat pays. D’ailleurs, pour allant chez David, j’ai pu voir en voiture, une jolie vue de la ville.

Avant de repartir vers Anvers, David m’a fait une rapide mais complète visite de Liège, une ville dans laquelle, il n’est pas rare de trouver un édifice religieux à n’importe quelle rue. En effet, Liège est surnommée la ville aux mille chapelles, en raison de son passé religieux. C’est d’ailleurs pour cette raison que lors de la révolution liégeoise de 1789, la cathédrale Saint-Lambert (qui était à l’époque, la plus grande d’Europe) fut purement et simplement rasée.

5609_1177808277987_1011535033_554789_1884973_nPour finir, un petit détour par l’un des centres-villes de Liège, “Le carré”, véritable quartier piétonnier où on trouve de nombreux café et brasseries. On se croirait à Bordeaux, c’est plutôt sympa. Afin de rendre symbolique mon passage à Liège, David m’avait proposé de boire le “téké”, l’alcool local. Mais j’ai du décliner, afin de ne pas rater le dernier train pour Anvers, train que je réussis à avoir et que j’ai pris à la gare des Guillemins, la toute nouvelle gare internationale de Liège (c’est notamment là où s’arrêtent les Thalys en provenance de Aachen (Aix-la-Chapelle, Allemagne), Bruxelles et Paris). Une gare en cours de finition au look assez futuriste et qui m’a fait penser à la gare de l’Aéroport de Roissy.

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Gare de Liège Guillemins

Ce fut une visite assez rapide et exhaustive de Liège tant que la ville est assez grande. C’est dommage car il y avait pas mal de lieux à visiter tout autour de la cité : Ans, Huy, Sclessin et le fameux stade (surnommé “le chaudron”) du Standard de Liège, actuel champion de Belgique.

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Papa Daerden

juillet 17, 2009 · Un commentaire

Pour mes compatriotes qui ne le connaissent pas, je vous présente un homme qui est un véritable phénomène en Belgique (francophone, je dois préciser)

Cet homme le voici :

Michel Daerden

Il s’agit de Michel Daerden (prononcez “Dardenne”), une des personnalités politiques les plus populaires en Wallonie. Membre du Parti socialiste, ce dernier est tout bonnement surnommé “Papa” par ses concitoyens qui soulignent sa disponibilité et son côté bon-vivant. Une partie de sa personnalité qu’il cultive avec de la bonne bière et qu’il assume pleinement !

Car, Michel Daerden est connu Outre Quiévrain pour ses penchants pour l’alcool. En effet – et je ne blague pas – il est en permanence bourré et quand je dis en permanence c’est vraiment le cas (du moins les trois quart du temps) ! Il suffit de le voir lors des plateaux télévisés, on a l’impression qu’il est ailleurs et qu’il cuve tranquillement sa ration. Comme le montre cet extrait vidéo :

Vu de France, cela pourrait choquer : un ministre en permanence bourré, cela la fout mal (ah, j’oubliais : on a Borloo pour cela ;) ) ! Mais en Belgique francophone, cela n’a pas l’air de choquer surtout pas les habitants d’Ans, ville située tout près de Liège et dont il est le bourgmestre (l’équivalent du maire, chez nous) depuis un paquet d’années. En effet, on apprécie avant son côté bon vivant, proche des gens et qui va à l’essentiel !

Dès lors, je me suis demandé si un homme tel que lui – c’est-à-dire “enjoué” – pouvait réellement et sérieusement diriger une commune et un ministère. Apparemment oui, puisque Michel Daerden a été présent dans le gouvernement régional wallon à de multiples reprises notamment et jusqu’il y a encore quelques jours au Budget.

Toutefois, c’est un argument qui ne semble pas suffisamment convaincre les néerlandophones dont certains le traitent de clown. Il est vrai qu’à côté du Premier ministre Hermann Van Rompuy – réputé distant et froid – il fait tâche d’huile, ce qui pousse certains journaux flamands à s’interroger sur sa capacité à gérer le ministère des Pensions (les Retraites dirait-on en France), un des piliers du système fédéral belge sans compter qu’il doit sa présence dans le gouvernement fédéral à ce fameux système des partis puisque ce sont les présidents de partis qui nomment les ministres et en débarquent d’autres, en fonction des portefeuilles qu’ils contrôlent !

Alors voilà, je vous ai présenté cet homme qu’est Daerden. En guise de bonus, je vous mets en lien une vidéo extraite du Grand Journal de Canal + où l’on voit le ministre socialiste dans tous ses états et qui ne refuse jamais une bière même quand il dit non ! Enjoy !

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