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Archive for novembre 2008

Partie 3 : L’avenir de la Belgique

Pour finir, on va parler de l’avenir de la Belgique. Déjà dans l’immédiat, et pour rebondir dans l’actualité, que penses-tu, Corneel, des flamingants et du départ de la NVA [Nouvelle alliance flamande, parti indépendantiste, récemment allié aux chrétiens démocrates du CD&V] de la coalition gouvernementale ? Est-ce que c’est une bonne chose pour la Belgique ou bien ce n’est qu’une illusion ?

Corneel : En Flandre, il y a beaucoup d’indépendantistes comme la NVA mais aussi le Vlaams Belang. Ce sont des votes bêtes car les gens ne votent pas pour quelque chose mais contre quelque chose et donc, dans une démocratie, on ne peut pas déconsidérer cette partie de la population, il faut donc prendre en compte ce vote. Mais malgré tout, je ne vois pas une scission de la Belgique car ce n’est pas possible ! Il y a Bruxelles et c’est toujours à ce sujet-là que les flamingants ne peuvent rien dire

Et tu penses que la Belgique va rester un Etat fédéral ou va évoluer dans une Confédération ?

Corneel : Je ne suis pas sûr que le confédéralisme soit une bonne idée. Moi, j’aime bien la Belgique mais peut-être qu’on doit faire un effort pour nous comprendre, Wallons et Flamands. C’est sans doute une idée mais c’est stupide car depuis les années 1970, on a divisé les universités,  beaucoup de choses et maintenant, c’est impossible de tout réunifier

Donc on ne reverra pas un Etat unitaire ?

Corneel : Non, c’est pas possible, je pense ! Il y a déjà beaucoup de responsabilités pour les régions

Et toi David ?

David : Ben pour moi, le confédéralisme, c’est du séparatisme. Le confédéralisme, c’est séparer pour ensuite faire une sorte d’alliance économique, cela ne peut pas marcher. Ce que propose la Liste Dedecker, c’est vraiment du séparatisme ! On sépare absolument tout et on remet ensemble quelques trucs, j’ai entendu par exemple, les pylônes électriques, la monnaie alors qu’on a l’Euro, c’est ridicule. J’ai entendu des choses tellement idiotes donc le confédéralisme, surement pas. En tout cas moi, je suis absolument contre. Le fédéralisme qu’on a aujourd’hui en Belgique est très spécial par rapport aux autres fédéralismes dans le reste du monde parce que c’est un fédéralisme qui se base sur la langue. Comme Corneel l’a dit, on a découpé les universités alors qu’elles étaient probablement très bonnes juste parce qu’il y avait une partie qui parlait français et l’autre néerlandais, c’est vraiment ridicule d’autant plus qu’on sait qu’il y a plein d’universités où il y a des cours en anglais ! Le fédéralisme qu’il y a aujourd’hui ne peut pas marcher parce que c’est toujours des intérêts qui s’affrontent, c’est toujours… par exemple : on a séparé les autoroutes ! Il y a des autoroutes flamandes et des autoroutes wallonnes. Quel intérêt de faire cela ? Je fais souvent Liège – Bruxelles et il y a un tronçon de l’autoroute qui longe la frontière [linguistique] pendant quinze, vingt kilomètres. Et pendant cinq minutes, l’autoroute est du côté flamand et durant cinq autres minutes, elle est du côté wallon. A chaque fois, parce que l’autoroute est gérée par deux gouvernements [régionaux] différents, la qualité de la route est différente. Donc quand on est en Flandre, la route est très lisse, tout va très bien. Puis on voit le panneau « Bienvenue en Province de Liège » et paf ! La route devient dégueulasse et les lampadaires marchent très bien et quand on arrive en Flandre, les lampadaires sont éteints la route redevient bien, et c’est comme cela sur toute la E 40 et c’est pareil pour les indications routières ! Pendant cinq minutes, c’est Luik, cinq minutes après c’est Liège, puis de nouveau Luik… alors que c’est sur la même autoroute et qu’il n’y a même pas eu de sortie entre les deux ! Je pense que cela traduit bien l’idiotie du système qu’il y a aujourd’hui. On a séparé des choses qui n’avaient pas à être séparées et qui fonctionnent moins bien aujourd’hui ! C’est également le cas avec le train. Je pense qu’on a fait des erreurs dans le passé et je pense que l’unitarisme est un plus, personnellement. Et si ce n’est pas l’unitarisme au moins un fédéralisme qui rassemble tout le monde et qui serve à quelque chose et non d’organiser un combat de boxe tous les quatre ans.

Entretien réalisé, le 18 novembre dernier à Bruxelles

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Partie 2 : Le rapport à la Belgique

Décrivez-moi tous les deux votre rapport à la Belgique, en toute sincérité et comment vous percevez la Belgique.

Corneel : A l’école primaire, je disais toujours « Je suis Belge ». Maintenant, quand je suis à l’Institut [d’Etudes Européennes de l’ULB, ndlr], pour dire qui je suis, je dis que je suis Flamand pour distinguer les gens. Je veux dire que je suis Flamand pour faire la différence entre les Bruxellois et les francophones.

Donc tu es Belge mais tu te définis comme Flamand pour revendiquer une identité particulière

Corneel : Oui

David : Je suis sans doute une exception mais je ne me sens absolument pas Wallon. Pour moi, la Wallonie, ça veut rien dire, c’est rien du tout, c’est des villes tellement différentes…

Donc toi tu te sens Belge tout court :

David : En fait, quand je suis en Belgique, je me sens Liégeois. Pas du tout Wallon, pas tout francophone. Je me sens Liégeois quand je suis à Bruxelles, voilà, je suis toujours le Liégeois, en Flandre aussi et quand je suis à l’étranger, je dis que je suis Belge. Voilà, je suis une exception mais la Wallonie, ça me passe complètement au-dessus…

Corneel : Pourquoi ?

David : Parce que, je ne vois pas en quoi la Wallonie me représenté plus que la Belgique. Par exemple, quand je vois certains politiciens flamands, je trouve qu’ils me représentent plus que Jean-Claude Van Coudenberg ou Rudy Demotte ou Elio di Rupo… Je trouve qu’il y a beaucoup de politiciens flamands comme Guy Veroshaft qui m’inspirent beaucoup plus et qui me représentent beaucoup plus. Je ne dis pas que les Wallons sont nuls mais je ne comprends pas ce qu’ils m’apportent de plus, ceux en quoi ils sont plus proches de moi. Pour moi, c’est la même échelle, la même distance

David, j’aimerais que tu me donnes trois adjectifs pour définir la Flandre et les Flamands et de me dire pourquoi.

David (embarrassé) : Euh… j’aurais du préparer à l’avance (RIRES). Bon allez, premier point négatif : défensif, toujours sur la défense, une sorte de complexe…

De supériorité ?

Oui de supériorité. Ou plutôt d’infériorité, je sais pas trop. Parce que par exemple, en région flamande on parle beaucoup des problèmes avec les francophones qui ne s’adaptent pas et la langue néerlandaise et quand même très riche et très belle et au lieu de la mettre en valeur, au lieu d’encourager les francophones à l’apprendre, j’ai l’impression, au contraire, qu’ils attaquent tous ce qui n’est pas flamand, parce que… je sais pas ! Oui, c’est sans doute un complexe d’infériorité alors. Je sais pas, ils pensent que ce n’est pas assez valable… que ce n’est pas de bonnes raisons d’apprendre le néerlandais, qu’il n’y a que de mauvaises raisons

Le second [adjectif] ? Malin.

C’est-à-dire ?

C’est-à-dire que les Wallons, pendant la crise sidérurgique, ont fait plein de bêtises, ont mis de l’argent dans des usines qui ne marchaient pas, mis au pouvoir des crétins comme Jean-Claude Van Coudenberg… c’est des gens qui sont pas malins ! Alors qu’en Flandre, on a beaucoup investi dans des bonnes choses, des bonnes matières, les bonnes industries, la haute technologie, les voitures… bon, durant de longues années, ça été autre chose que la Wallonie.

Et le troisième adjectif ? Euh… (Hésitation) Compliqués !

C’est-à-dire ?

Ben compliqués ! Comme tous les Belges (Rires de Corneel). Je ne connais pas des masses de néerlandophones mais j’en connais qui sont très très très Belges mais à l’extrême. Vraiment, le roi et la Nation, vraiment à fond là-dedans, ce que je ne connais pas chez les Francophones qui sont juste peut-être patriotiques ou sentimentalistes. Et à l’inverse on trouve des néerlandophones qui sont complètement anti-Belgique sans véritables raisons.

Donc, on ne peut pas uniformiser les Flamands comme des « anti tout » car par exemple, en France, on ne montre que les flamingants…

C’est comme ce que je disais sur la Wallonie. Parce que je trouve que la Wallonie, c’est une ineptie totale, c’est des gens, des endroits différents qui ont été mis ensemble sans raison. Aucune raison, parce que la Wallonie cela a été inventé avec le fédéralisme qui n’était pas avant. En tout cas, pas la région wallonne. La Wallonie, c’était juste Liège, Charleroi… et on a mis tous ces gens ensemble sans raison parce qu’ils parlent soi-disant la même langue et je pense qu’en Flandre c’est la même chose, parce que voilà, ils parlent la même langue, on les a mis dans le même panier et voilà, j’pense qu’il n’y a rien de plus différent qu’un… je sais pas moi, un Limbourgeois et un Flamand oriental tout comme il y a une différence entre un Liégeois et un Namurois, un Wavrin…

Même question Corneel, mais cette fois-ci, pour décrire les Wallons

Corneel : Trois adjectifs, c’est tout de même difficile ! Les Wallons sont plutôt folkloriques.

C’est-à-dire qu’ils aiment bien faire la fête…

Corneel : Oui, la fête et la bière, les Wallons sont de vrais Belges, ils aiment la bière. Les vacances aussi, c’est plutôt un substantif…

Oui, la Wallonie, c’est sympa pour aller en vacances et tout…

Corneel : Oui, c’est les vacances même si je n’ai pas visité la Wallonie

Citez-moi trois personnalités belges de votre choix

David : Ben, vu qu’on est dans l’actualité, ben le Roi [Albert II]. Il a fêté ses quinze ans de règne, la semaine dernière. Sa fonction s’est effritée avec l’évolution du pays, plus l’Histoire avançait, plus le pays se vidait, moins sa fonction avait de l’importance, c’est logique ! Malgré tout, malgré le fait qu’il n’ait aucun pouvoir, qu’il soit là ou pas là, finalement cela ne change pas grand-chose, il a quand même énormément de succès… d’ailleurs, je l’ai lu pour ses quinze ans de règne, que cela soit les francophones, les néerlandophones ou  même les germanophones, il a quand même encore énormément de succès

Est-ce que ce n’est pas le fait qu’il reste encore un des symboles de l’unité de la Belgique ?

Oui, bien sûr.

Plutôt un personnage rassurant alors ?

Corneel : Ben, il ne peut pas éviter les choses politiques, je pense. Il ne peut pas éviter le fait que la Flandre souhaite plus d’autonomie

David : Mais bon, on ne lui demande pas

Corneel : Il n’a rien à dire mais cela reste une personnalité importante

Seconde personnalité ?

Corneel : Ben, je dirais Justine Hénin et Tom Boonen. En Wallonie, il est vu comme un Belge.

Et en Flandre, il est vu comme un Belge ?

David : Comme un Flamand

Corneel : Oui, comme un Flamand. Peut-être que Justine Hénin est vue comme une Wallonne…

David : Pas du tout. L’identité wallonne…

Corneel : Elle n’existe pas

David : Si ! Elle existe, mais… Dans les journaux, sur Internet, je regarde souvent le journal de la Het Laatse Nieuws et je regarde la traduction en français et c’est souvent pour les mêmes articles et pour les mêmes histoires une traduction différente : dans la version flamande on dit « de flaming », dans la version française on dit : « un belge ». Très souvent comme cela, et même pas souvent chez les personnages… Par exemple cet été, il y a eu l’histoire des moules flamandes, cela a été un carnage total mais en Flandre, on disait « les moules flamandes » et dans les régions francophones, on disait « les moules belges ». C’est souvent comme cela, parce qu’il n’y a une identité wallonne aussi forte. On ne ressent pas le besoin d’exprimer une autre identité. Je pense que la plupart des gens ont en assez avec la Belgique, c’est suffisant !

Corneel : Il y a également Louis Michel [commissaire européen chargé de la coopération et du développement]. Il fait de grandes choses je pense. On peut être fier comme Belges car il est là sur le plan européen

A suivre : l’avenir de la Belgique

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Présent dans le plat pays depuis maintenant près de trois mois, j’ai toujours voulu savoir ce que Wallons et Flamands pensaient l’un de l’autre.

Aussi, j’ai demandé à David Charlier (originaire de Liège) et à Corneel Defrancq (originaire de Kortkrijk (Courtrai)) un entretien qu’ils ont accepté et que je vous propose en trois parties : La Crise actuelle, Le rapport à la Belgique et l’avenir de la Belgique !

Bonne lecture et n’hésitez pas à faire part de vos commentaires !

Partie 1 : La crise actuelle

A gauche, Corneel, le flamand, et à droite David le wallon, mais Belges avant tout !

Gilles : Première question, concernant l’actualité immédiate, notamment au niveau politique, avec la crise que traverse la Belgique depuis l’année dernière, une crise identitaire la plus grave de son histoire… comment en tant qu’étudiants wallon et flamand, vous la vivez ?

Corneel : Je ne suis pas vraiment actif politiquement, mais avec la crise financière, cela passe mieux, le gouvernement Leterme a quelque chose à faire

Tu penses la même chose David ?

David : Oui, bien sûr. On a tellement vidé le gouvernement fédéral de toute sa substance, qu’aujourd’hui il ne sert plus à rien à part des dialogues entre communautés et des combats de coq entre wallons et flamands. Et donc oui, paradoxalement, la crise économique sauve le pays. On ne parle plus que de cela et on ajoute tout le reste.

Donc si je comprends bien, vous souhaitez que la crise dure encore ?

David (Rires de Corneel) : Non, enfin… bien sûr que non ! Allez ! Cela a permis de penser à autre chose, de montrer que la Belgique sert encore à quelque chose. C’est quand même l’Etat fédéral qui a sauvé la plupart des banques, on peut critiquer la façon dont cela s’est fait, il y a quand même eu pour la première fois depuis longtemps un gouvernement.

Et du coup, comment vous évaluez la crise ? Est-ce que c’est une crise de plus dans l’Histoire de la Belgique ou est-ce que c’est la crise de trop ?

David : Pas du tout la crise la plus grave qu’on ait connu. Avec, la question royale… on était au bord de la guerre civile, les suites de la Première Guerre et de la Seconde Guerre mondiale ont été beaucoup plus graves que cela. Je ne pense que cette crise soit plus grave qu’une autre. C’est juste qu’avec Internet, avec la TV, avec la mode pour le moment de faire des déclarations complètement assassines au journal de 19h a fait que les gens, surtout en Wallonie peut-être, ont vraiment eu peur qu’il se passe quelque chose. Je ne pense pas que cela soit plus grave que d’habitude.

Corneel : On ne lutte pas entre Wallons et Flamands et il est possible de se parler.

Donc, tu penses qu’il y a encore un dialogue entre Wallons et Flamands ?

Corneel : Je ne suis pas sûr de cela mais on ne lutte pas. Je veux dire qu’il n’y a pas de morts, qu’il n’y a pas de manifestations énormes…

Donc, au bout du compte, les deux communautés cohabitent ?

Corneel : Oui, c’est un peu comme cela

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Aujourd’hui, ce fut une belle journée, malgré les apparences du ciel.

En effet, je fêtais mes 23 automnes et pour cela rien de tel que d’aller faire une nouvelle excursion en Flandre avec mes amis Sara et Sébastien qui ont eu la gentillesse de me consacrer une partie de leur journée rien que pour moi.

Et c’est sur les coups de onze heures que nous avons quitté Bruxelles pour rejoindre Gent (Gand en Français). Environ une heure de voiture et cinquante kilomètres plus tard, nous voilà arrivés dans cette jolie ville.

Il faut dire que l’on fait rapidement le tour de Gent ! Côté monument en effet, quelques endroits sympas à visiter comme la cathédrale Saint-Bavon, ou bien encore la Graslei (Quai aux Herbes) ainsi que la Grote Markt (Grand Place). Ville médiévale et moderne, Gent possède quelques vestiges de ce passé comme le Gravenkasteel (ou Château des Comtes) ou bien encore le Beffroi. Toujours est-il que cette petite visite fut très agréable d’autant plus qu’il ne faut pas oublier que nous étions dans la ville de naissance de Charles Quint, empereur de Saint Empire Romain Germanique et roi des Pays-Bas espagnols (la Belgique et les Pays-Bas dépendaient à cette époque là de la couronne d’Espagne)

Après ce petit détour historique, direction le Pizza Hut où nous avons dégusté des pizzas à volonté et où de charmantes hôtesses nous ont accueillis (c’est sans doute là, un des charmes de la Flandre, RIRES). Un bon repas qui s’est terminé par une jolie surprise de la part de Sara et de Sébastien puisque j’ai eu droit à mon gâteau d’anniversaire : une tarte aux pommes caramélisées avec de la chantilly, de la glace à la vanille et de la crème anglaise ! Un délice, je vous raconte pas ! 😉

Aussi, j’ai passé une bonne journée en compagnie de mes amis dans cette ville flamande au nom de Gand, ville sympathique à visiter et dont j’ai tout particulièrement apprécié le centre ville piétonnier. C’est sans doute cela aussi le charme de la Belgique : être citadin tout en étant « civilisé » (L’inverse de Paris en gros 😉 )

PS : voici quelques photos de notre périple gantois

 

La Cathédrale Sint-Bafs (Saint-Bavon)

 

Sur les bords de la Schelde (l’Escaut)

 

Sébastien et Sara (ils sont pas mimi tous les deux ? 😉 )

 

Et pour finir, mon fameux gâteau d’anniversaire ! (Très bon au passage ! Merci Sara et Sébastien !)

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V comme Verhaegen

Jeudi dernier, les bâtiments de l’ULB étaient fermés. Autrement dit, pas cours de la journée et pour cause !

C’était en effet, la Saint Verhaegen (ou Saint V comme l’appellent les étudiants bruxellois), journée qui célèbre la fondation de l’Université Libre de Bruxelles par cette homme que voici :

Il s’agit de Pierre-Théodore Verhaegen, un des fondateurs de l’Université en 1834. Depuis cette date, les étudiants bruxellois célèbrent ce jour important à partir de la veille jusqu’à tard dans la nuit.

Et on pourrait surnommer la saint V, la « Saint-Bière » comme le dirait un de mes collocs. La Belgique, pays de la bière par excellence, ne déroge pas à la règle : dans un cortège qui sillonne les rues de Bruxelles, les participants, une chope à la main, peuvent boire à volonté, moyennant un paiement de 10 Euros, de la Jupiler. Dès lors, nombreux sont ceux qui terminent souls, mais qu’importe, il faut faire la fête !

Toujours est-il que j’ai moi-même participé à cette fameuse Saint-V et je dois vous avouer que l’ambiance est assez sympa même si l’ambiance beuverie, ce n’est pas trop pour moi ! Mais ce qui était génial, c’était de voir les étudiants néerlandophones et francophones faire la fête ensemble – la Saint-V concernant également la Vrije Universiteit van Brussel – comme quoi, on peut aisément faire la fête en dépit des différences linguistiques !

PS : voici quelques photos de la Saint-Verhaegen dans les rues de Bruxelles

J’adore cette photo avec cet ancien bus de la RATP (RIRES) (Photo prise au début du cortège, Place du Grand Sablon / Grote Zavel Plein)

Participants avec leur chope de bière, près du Palais Royal

Cortège près de la place Saint-Jean (Sint Janplein) en direction de la Bourse (Beurs). Une précision : le cortège n’a terminé son périple qu’aux alentours de 20 heures !

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Fête du roi

Tout occupé par le congrès du Parti socialiste français – hé oui, même à l’étranger, je reste un militant soucieux de l’avenir de mon parti – ce week-end, je n’ai pas pu suivre les festivités organisées en l’honneur de la famille royale. Mais qu’à cela ne tienne, c’est l’occasion pour moi d’évoquer cette dernière et de la faire connaître à mes compatriotes.

Pour rappel, la Belgique est une monarchie constitutionnelle depuis sa fondation en 1831 avec donc à sa tête un roi des Belges. Six rois se sont succédés au trône depuis cette date lesquels sont :

Léopold I° (1831 – 1865)

Léopold II° (1865 – 1909)

Albert I° (1909 – 1934)

Léopold III° (1934 – 1944 puis 1950 – 1951)

Baudouin I° (1951 – 1993)

Albert II° (depuis 1993)

De ces six monarques, certains ont marqué l’histoire du pays comme Léopold I° (qui a fondé la dynastie royale et le pays), Léopold III° (qui a du abdiquer en faveur de son fils suite à son attitude passive voire favorable à l’Allemagne nazie) ou bien encore Baudouin I° (cf.photo) (monarque charismatique qui s’est efforcé tout au long de son règne à maintenir l’unité de son pays sans pour autant y parvenir jusqu’à sa mort brutale en août 1993 et qui avait ému l’opinion)

Les pouvoirs du roi des Belges sont constitutionnellement limités. En effet, s’il n’a aucune initiative sur le plan politique – hormis la nomination du Premier ministre fédéral – et que son pouvoir tient de l’ordre du symbolique, il n’en demeure pas qu’il reste une personnalité très appréciée et éminemment respectée des Belges et de la classe politique nationale, exception faite des partis d’extrême droite et nationalistes aussi bien néerlandophones que francophones. Chef de l’Etat belge, il est l’un des symboles encore visible de l’unité belge dont il en est le garant. A ce titre, sa présence fut primordiale et ce, à maintes reprises dans l’histoire du pays notamment à chaque crise politique. Ce fut le cas notamment en 1996, lorsque le roi Albert II avait reçu les familles de victimes du pédophile Marc Dutroux, peu de temps après la Marche blanche qui avait rassemblé près de 300 000 personnes dans les rues des Bruxelles, un record pour un pays de 10 millions d’habitants.

La fête du Roi, quant à elle, a lieu le 15 novembre et célèbre, comme son nom l’indique, la monarchie ainsi que la famille royale. A cette occasion, des manifestations sont organisées (notamment au Palais Royal) et les écoliers belges en profitent pour connaître l’histoire de leurs monarques.

Le roi des Belges, bien qu’il ne dispose qu’aucun pouvoir, conserve donc un prestige essentiel d’autant plus qu’il est le garant de l’unité belge. Aussi, cela explique sans doute le maintien de la monarchie dans le plat pays, ce dernier faisant symbole de lien entre les différentes communautés linguistiques.

PS : si vous voulez en savoir plus, cliquez sur : www.monarchie.be, le portail officiel de la famille royale belge.

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Juste pour rire !

C’est bien connu, les Belges ont un légendaire sens de l’humour et même de l’autodérision.

Aussi, je vous mets en ligne cette blague que j’ai découverte il y a quelques jours et qui décrit avec cynisme mais aussi ironie, les préjugés wallons et flamands.

Et pour agrémenter tout cela, je vous mets également en ligne un sketch d’un humoriste du nom de François Pirette qui imite à la perfection un ministre néerlandophone interrogé, en sortie du conseil des ministres, peu de temps après le rejet de la constitution européenne en France. Et vous allez le voir, ce ministre est quelque peu schizophrène (vous allez comprendre pourquoi en visionnant la vidéo).

Bonne lecture vidéo !

L’enfer ?

Un type meurt sur la frontière linguistique

Quand il arrive au ciel, Saint-Pierre lui dit :

« Bon, votre vie sur Terre, pas terrible, pas souvent à la  messe, un peu de blasphèmes, quelques adultères, je ne peux pas vous faire entrer au paradis, mais comme vous n’avez commis rien de grave et que vous êtes mort sur la frontière linguistique, je vous laisse le choix entre l’enfer flamand et l’enfer wallon 

–       Saint-Pierre, pourriez-vous m’en dire un peu plus ?

–       L’enfer flamand. On vous met dans une grande marmite pleine de purin, des petits diables très très vilains qui sentent très très mauvais mettent des bûches sur la marmite, un dragon vient allumer les bûches et vous cuisez toute la journée et le lendemain c’est pareil ! 

–       Et l’enfer wallon ? 

–       L’enfer wallon. On vous met dans une grande marmite pleine de purin, des petits gnomes très très vilains et qui sentent très très mauvais mettent des bûches sous la marmite, un dragon vient allumer les bûches et vous cuisez toute la journée et le lendemain, pareil ! 

–        Mais Saint-Pierre, c’est la même chose ! 

Non, moi je serais vous, je prendrais l’enfer wallon car dans l’enfer wallon, un jour les diables sont en grève, un jour on n’a pas livré les bûches, un jour le dragon est en récup, un jour il ne trouve plus la marmite, un jour on n’a pas commandé le purin ! »

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