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Archive for janvier 2009

BHV

Poison ? Casse-tête ? Problème insoluble ? Chantage ?

Tous ces mots ne suffisent pas pour qualifier ce problème majeur qui, il faut le dire, pourrissent les relations entre néerlandophones et francophones depuis près de cinquante ans.

Ce problème se résume en trois mots : BHV. Contrairement à ce que pourrait penser mes compatriotes français, il ne s’agit pas du célèbre magasin d’art décoratif et ménager situé (notamment) en face de l’Hôtel de la ville de Paris, mais d’un arrondissement juridique et électoral source de tous les conflits et de toutes les convoitises entre Flamands et Wallons.

BHV késako ? C’est une circonscription particulière qui regroupe la région de Bruxelles-Capitale ainsi que les arrondissements de Vilvorde (Vilvoorde en néerlandais) et de Hal (Halle), conséquence du tracé de la frontière linguistique en 1962, prélude à la fédéralisation de la Belgique, effective en 1993.

L'arrondissement juridique et électoral BHV

A cette époque, il s’agissait d’un compromis provisoire en attente d’un bouclage définitif de la « frontière ». Dans cette circonscription située en grande partie sur la région flamande vivent 150 000 francophones souvent majoritaires dans les communes dites à facilités. (Notez que cette disposition existe également pour des villes situées en Wallonie le long de la frontière linguistique mais majoritairement néerlandophones) Autrement dit, ces derniers peuvent voter pour les partis francophones mais aussi s’adresser à l’administration et à être jugé en français, un comble pour certains flamingants considérant qu’on bafoue l’unilinguisme de la région flamande qui est la règle et qui doit être tout simplement appliquée.

Dès lors, des voix s’élèvent dans la classe politique néerlandophone pour demander purement et simplement la scission de BHV afin de la région flamande puisse exercer son autorité et parachever le tracé de sa frontière linguistique. En contrepartie, les francophones réclament une extension de la région de Bruxelles-Capitale aux six communes à facilités, situées en Flandre mais très majoritairement francophone (ce qui au passage permettrait une continuité linguistique entre la Wallonie et Bruxelles).

Carte de la région de Bruxelles-Capitale élargie aux six communes à facilités majoritairement francophones (ou avec une forte minorité francophone)

Et c’est là que le bas blesse dans la mesure où du côté flamand, on refuse tout simplement cette concession et ce, en arguant le fait que les francophones situés en région flamande doivent pleinement s’intégrer. Dès lors, le problème BHV empoisonne la vie politique belge depuis de nombreuses années. Pire depuis quelques années, les choses semblent se radicaliser les uns accusant les autres de mauvaise volonté réciproque, histoire de mieux avancer masqué dans ses objectifs. Ainsi, les Flamands (dont certains sont soupçonnés de vouloir la scission de BHV pour mieux préparer celle de la Belgique) reprochent aux francophones installés en périphérie de Bruxelles de ne pas chercher à s’intégrer en ne parlant pas exclusivement le néerlandais tandis que les francophones se déclarent victimes de discriminations.

Toujours est-il que BHV est un problème central et que si on a compris ce dernier, alors on comprend mieux les bisbilles politiques entre Flamands et Wallons, les choses allant jusque dans le domaine de l’absurde puisque trois maires élus en 2006 dans des communes à facilités n’ont toujours pas été nommés par les Affaires intérieures flamandes. Motif ? Avoir envoyé à leur administrés francophones, des lettres de convocation aux élections municipales en… français en lieu et place du néerlandais ! A ce titre, certains prônent une autre solution que la scission pure et simple notamment la réunification de la province du Brabant (scindée en 1995 entre un Brabant wallon et un Brabant flamand), ce qui permettrait au passage de résoudre ce poison qu’est BHV, un poison qui ne semble pas prêt de trouver un remède !

Caricature paru dans le quotidien francophone Le Soir présentant l'actuelle classe politique belge à propos de l'épineux dossier BHV

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De retour sur mon blog entre deux partiels. Bon, je n’ai pas encore fini puisque j’ai en effet encore trois examens à passer. Qui plus est, il y a le stage à trouver pour le second semestre même si je suis sur une piste qui je l’espère aboutira, en tout cas croisons les doigts !

Malgré tout, je profite de cette pause pour vous parler une fois encore du plat pays grâce notamment au commentaire d’Oli qui m’a laissé un lien intéressant. Il s’agit d’un article du journal suisse « L’Hebdo » dans lequel un conseiller fédéral (l’équivalent d’un député) compare la situation politique et multiculturelle de la Belgique et de la Suisse. Une précision : le conseiller fédéral est d’origine belge donc assez bien placé pour faire une comparaison.

La Suisse est l’autre pays multiculturel du continent européen puisqu’elle regroupe dans un territoire légèrement plus étendu que la Belgique, quatre langues et quatre cultures différentes avec par ordre d’importance : les Alémaniques (de langue allemande, soit 70% de la population), les Romands (de langue française, soit 20%), les italophones (9%) et une population qui parle un patois local, le romanche.

La Suisse est donc une sacrée mosaïque avec à sa tête un gouvernement fédéral qui réunit les principales composantes du pays. Dès lors, on pourrait se dire que le pays du fromage connaît les mêmes soucis communautaires que le plat pays.

Hé ben, absolument pas !

En effet, la Suisse, c’est un peu l’antithèse de la Belgique à première vue, arguments historiques et politiques à l’appui. Durant des siècles, par exemple, ce pays de montagnes n’a connu aucune invasion de toute sorte, ce qui a permis de construire une identité nationale à l’inverse de la Belgique qui en tant que jeune nation, s’est souvent faite envahir ou bien dominée lorsqu’elle n’existait pas encore.

Je ne reviendrai pas trop sur l’article que je vous invite tant qu’il est intéressant. Toutefois, peut-on comparer les Belges et les Suisses ? Franchement, difficile à dire dans la mesure où ces deux Etats n’ont pas la même histoire et la même conception du multiculturalisme. Tout comme il est prématuré de considérer la Belgique comme une Suisse qui ne marche pas, dans la mesure où – comme je viens de le souligner – le premier est à l’état d’adolescente tandis que la seconde est à un âgé plus avancé et plus mature.

Aussi, je vous invite à lire cet article assez intéressant et je vous retrouve très bientôt, lorsque je serai enfin débarrassé de ces satanés partiels !

A suivre !

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